N°1 Valentine Damame

Nous ne sommes pas, nous devenons.

 

Salut ! Moi c’est Valentine, j’ai 25 ans et j’aime la vie, je l’aime tellement que je suis une véritable Instable Girl (je viens de l’inventer et faut le faire avec l’accent), grosso modo, je veux tout faire, tout vivre, tout connaître… Oui, en effet ça paraît impossible, comment tout faire sans gagner des mille et des cents…? En fait ce n’est pas comme cela que je raisonne, tout faire, tout vivre, tout connaître, c’est simplement vivre au jour le jour, et ne pas attendre que le temps passe pour faire quelque chose : « Du 21 au 27 octobre je pars aux Antilles, mon dieu c’est dans trop longtemps… » Stop ! C’est là qu’il ne faut pas voir les choses ainsi, une attente a un but… c’est la meilleure façon d’être déçue aussi. Bref, et si on faisait un bond en 1992 pour faire un balayage de ces dernières 25 années à mes côtés ? Hop, Vamos ! 8 Août 1992, me voilà ! C’est une arrivée dans le 95, à Montmorency où je grandirai pas loin à côté, à Méry-sur-Oise, jusqu’à mes 6 ans, dans une belle et grande maison, avec jardin et même un bassin que mon papa a construit, bref, je dérive… Nous étions, la famille, tous du coin, les grands-parents, le tonton, les tatas, les cousins, voilà, une situation qu’on peut qualifier de banale... Et Boum, rien de grave mais tout de même un évènement important, étant donné que le divorce aujourd’hui concerne 1 mariage sur 2, je me retrouve avec ma sœur cadette et mon frère le Benjamin, à avoir 2 maisons ! Un côté cool mais bon, on a quand même un endroit préféré entre nous. Les années passent, à Taverny (95) pour la primaire (ça s’est bien passé, la reine de la balle au prisonnier c’était moi !) et ensuite encore déménagement à mes 10 ans à Beauchamp (95), où comme nous le constatons nous sommes restés dans le coin, et démarre le collège…

 

Le Collège

 

Très mauvais souvenir de cette étape de ma vie, ce que je perçois : peur, boule au ventre, angoisse, fausseté… C’est une autre dimension, un monde où le plus fort gagne. Première année… hum il faut dire peut-être que je l’ai cherché : Fan de Lorie, Intello (madame, madame je sais), je n’étais pas à la mode et surtout… apparemment très maigre. J’étais normale, pour moi, mais ils en avaient décidé autrement, l’école. Cadavre, mon super surnom, puis bon il faut dire que ma corpulence et le poids du sac d’école n'aidant pas, me tirer en arrière et me retrouver comme une tortue était leur jeu favori ; ou bien pendant le cours de la première guerre mondiale, quand le professeur diffuse une vidéo des camps de concentration et qu'on entend « Tiens Valentine y’a ta famille à la télé » et que le professeur se contente de faire un « chhhhhhhht ». 3 ans. Je traînais avec les filles « cools » mais bon même elles se moquaient de moi. Je spécifie que du coup, mes notes ont dégringolé et que pour paraître cool, et bien il fallait clairement faire le minimum à l’école : mes résultats sont donc devenus de pire en pire chaque année. Puis ouf ! Un nouveau collège s’est construit, je suis envoyée là-bas pour la troisième, allez savoir, j’ai changé physiquement et on ne m’embêtait plus, voire mieux, j’étais celle qu’on écoutait, la meuf cool ! Mais mes résultats n’ont pas augmenté pour autant, et hop, un conseil avec les parents et première fois pour moi où je devais m’exprimer à l’oral devant un jury :

 

- « Serez-vous motivée en seconde et ferez-vous plus d’effort » ?... « Mademoiselle, c’est à vous que nous parlons ».

 

- Oui. Mon petit « oui » ne m’a pas sauvé la vie et l’accès au lycée, en revanche, ma mère l’a fait.

 

Le Lycée!

 

On n’est pas bien là, parmi les grands ? Et ben si, le lycée a été une superbe période pour moi et vous vous posez peut-être la question mais, oui, j’ai menti au jury. Je n’ai pas du tout fait d’effort au niveau scolaire une fois au lycée… han la la ce n’est pas bien ; et bien vous savez quoi, c’était une superbe année et je la referais avec plaisir ! Nous étions avec ma grande pote, les « p’tites caïdes » gentilles de cette première seconde (oui évidemment qu’il y a eu une deuxième, il fallait bien que je redouble à un moment ;) ) : À base de, on fait pas nos devoirs, on sèche, on va aux manifestations même si on ne sait pas ce pour quoi on manifeste, même en voyant un groupe de 20 personnes, on prétextait que ça recommençait !, rendre des copies blanches, traîner au skate parc, regarder la télé, répondre au professeur… mais encore une fois pas de manière super agressive ! Bref génial ! Seconde Seconde (vous remarquerez le jeu de mot), ayant fini la première avec 6,4 de moyenne générale, j’ai réussi à atteindre les 10 pour cette nouvelle année et ai fait moins de bêtises, je m’étais faite amie avec un nouveau groupe, que de garçons cette fois-ci, qui restent aujourd’hui mes supers amis sur Paris. Les relations avec mon frère et ma sœur n’étaient pas au top je dois dire, on s’aimait bien sûr, mais je crois vraiment qu’on avait élu pour jeu favori la bagarre. On est un peu nerveux dans cette famille ! Puis l’annonce de ma mère tombe fin de la deuxième seconde… Nous partons. Malgré un CDI vous ne savez jamais comment les choses vont tourner, et même après quelques années de boîte, ici c’est un licenciement économique qui changea le destin de ma mère, vous savez quand 2 grosses entreprises déjà très puissantes n’en ont pas encore assez et se disent, tiens !! Mais si on devenait copains ? Divisant le nombre d’effectifs par deux. Enfin voilà, ma mère très fatiguée de Paris, de son air au dioxyde de carbone et des bouchons pour aller travailler a décidé de mener une nouvelle aventure à Tahiti… Non je plaisante ! À Saintes ou ailleurs !

 

La Charente-Maritime, très belle région, je la vois comme « Le moment où tout a commencé pour moi », mon élan, ma prise en main. Nous avions de la famille qui elle aussi était partie de Paris pour se prendre une jolie maison en haut d’une colline à Fontcouverte. Et c’est ainsi que nous arrivâmes ici pour une nouvelle aventure !

 

Nouvelle Vie et changement

 

Pourquoi ils disent chocolatine ? C’est quoi ?Je dois avouer que je ne pensais pas trouver une tout autre mentalité ici, mais une mieux !

 

Mes 2 années restantes au Lycée Bernard Palissy ont été parfaites, des amis en or, une que je garderai toute ma vie, des gens conviviaux et surtout de très bons résultats (le changement d’air) ? Ma meilleure amie me parla du BNSSA, brevet de secourisme afin de travailler sur les plages et sauver des gens. Malgré une épreuve ratée et donc la non possibilité de faire ce métier, cette année a été intense en émotions, en muscles (haha) et surtout m’a enseigné que je pouvais faire pleins de choses et encaisser des trucs vraiment pas évident et me surpasser. Je me sentais bien.

 

Les résultats de la seconde ne m’ont pas permis de me retrouver dans une filière générale, j’étais donc en STG (science économique et gestion), pourquoi celle-ci ? Au pif ! Mais il se trouve que cette filière allait être en lien avec tout ce que je fais aujourd’hui, le commerce, car juste avant l’obtention de mon BAC, j’avais tenté le concours (et le seul) de Sup de Co La Rochelle, pourquoi celle-ci ? Ah mais c’est très simple… quand on est jeune, on ne réfléchit pas plus que cela, et à travers les différents postes de secours réalisés pendant mon année de formation au BNSSA, les pires gardes étaient celles de cette école lors de soirées étudiantes dans des clubs réservés spécialement pour eux, et je me suis dit en voyant ces fous sortir du bus, solidaires, dans un état second certain, euphoriques, mais également en intervenant pour une fracture de la pommette, pour un bout de verre enfoncé de 4 cm dans le tibia, pour du vomi, et pleins d’autres anecdotes … que si je devais faire des études, je les ferais ici. J’ai donc cherché cette école, ai passé le concours qui a été pour moi une véritable catastrophe : épreuves de français (rédaction, euh comment on dit déjà ?), de culture générale (moi cultivée) ?, d’anglais… (sorry, euh je parle pas english), d’Espagnol (Catastrophia !) mon rêve me semblait très très loin. Puis, une dernière épreuve, celui de l’entretien de motivation, pourquoi vous et pas une autre, vous voyez ? C’était le coefficient le plus élevé, un entretien avec un jury de 40 minutes où être différente et extrêmement motivée te rapporte des points. Il n’empêche que j’étais sûre d’avoir tout raté, et 1 mois plus tard, sans même que je ne sache quoi faire comme école et peu de temps avant d’avoir eu mon BAC, une copine m’appelle, Chloé Chouraqui, son nom vous dira surement quelque chose…, et me dit « Val olala, Félicitation ma coupineee !! » je ne comprends pas pourquoi elle me félicite, et elle me dit : « Mais Val t’es prise à Sup de Co !!! Malheureusement je ne viendrai pas avec toi mais on sera toutes les deux sur la Rochelle !! » Wow. C’est donc fait, en avant les études, moi qui détestais tant l'école, je me replonge pour le même temps qu’une période collège… Mais qu’est-ce que je vais faire la fête ! Globalement, j’ai choisi un Bachelor Commerce International (le pourquoi des épreuves de langues) car dans le descriptif était stipulé : Mission humanitaire, Stages à l’étranger patati patata, c’est ainsi que la plus grande aventure de ma vie, celle qui m’a transformée et restera à jamais dans mon cœur, commença.

 

Les Études et les Voyages

 

Première fois que je pars de chez moi, la vie seule, sans personne pour te dire quoi que ce soit, je m’y suis très vite faite. Colocation dès le départ, et pour vous dire, j’y suis encore aujourd’hui.

 

1 ère année-Mission Humanitaire

 

Et c’est parti, maison trouvée avec 2 personnes, a Puilboreau, en colocation, 150 m², la classe pour un loyer dans mes cordes (350 euros), merci le CROUS, merci à notre système de nous permettre de vivre nos rêves et faire de belles choses. Ceci ne m’empêchant pas d’avoir du travail à côté, mes parents ne pouvant pas m’aider, je prends tout ce qui passe en plus des études : Mac Donald, Traiteur, Animations commerciales, Baby-sitting pour pouvoir sortir et profiter autant que tout le monde. Mais mon dieu, qu’est-ce que ça fatigue… les premiers mois ont été très compliqués, alors oui, il y a bien des soirées, une ambiance de folie, une mentalité propre à notre promotion… mais il y a aussi les cours, et le premier trimestre a très mal commencé pour moi, notes en chute libre, fatigue du travail, des sorties, je loupais des cours et je ne pouvais pas me le permettre, au vu du prix de l’école… 8000 euros l’année, oui, ce qui me vaut aujourd’hui un joli prêt à rembourser chaque mois mais à quoi bon, au moins il me sera impossible de ne rien faire car je peux vous dire que celui-là, il me suit tous les mois ; et comme je suis une fille transparente je vais même vous dire ce que cela représente, 27000 euros empruntés, 4000 euros d’intérêt et pas moins de 600 euros par mois à rembourser pendant 5 ans, il est beau le prix des études ! Mais passons, c’est moi qui l’ai voulu.

 

Je rencontre des gens au cours de mon année, plus âgés que moi, plus les pieds sur terre, m’alertant et me poussant à ne pas faire des choses que je regretterais par la suite. J’avais un atout fort en commerce, c’était mon aisance devant un public, un jury, mes professeurs, ma promo, peu importe, cela avec un caractère bien à moi m’a fait prendre conscience que, j’étais aussi capable que les autres, voire plus, d’y arriver. Je ne fais pas partie de ces personnes qui doivent réviser pour réussir un partiel, une lecture le soir, une écoute active pendant le cours et une présence à 100%, m’ont remis dans le droit chemin. Mes résultats étaient bons, je pus donc partir en mission humanitaire.

 

L’étranger

 

Qu’est-ce qui va changer de chez nous ? Comment de toute façon peut-on vivre de manière différente ? Comment va-t-on communiquer ? Et si j’ai un problème ? Des questions que je me posais en effet à ce moment-là, mais qui au final ne faisaient que passer car l’endroit où je voulais partir devait réellement résonner avec Aide Humanitaire, et moi, je me suis tout de suite dit que j’allais partir et aider un pays en développement. Mes recherches et mon acceptation m’ont amenée avec une amie qui souhaitait partir avec moi, dans une association appelée Sok Sabay, qui recueille des enfants issus de familles très pauvres et leur donne une éducation, un foyer et des connaissances. J’ai déjà voyagé avant ; 1 fois avec mon père en Guadeloupe 1 semaine quand j’avais 15 ans et juste après avec ma mère en Égypte où j’ai chopé la tourista, 1 semaine également. Donc autant vous dire que l’étranger, j’y connaissais rien !

 

La différence avec cette mission humanitaire ? Je serai avec une amie, du même âge, 19 ans donc, sans parents, vouées à nous-mêmes dans un pays pauvre sorti il n’y a pas si longtemps d’une guerre effroyable, et pendant 3 mois. Arrêtons le suspens, pouf ! Nous voilà au Cambodge, à Phnom Penh, la capitale. Le visa est, en arrivant, 25$, cool pas cher ! On découvre l’association, cool, les enfants sont géniaux mais ils parlent khmer, ouf, heureusement un peu d’anglais, ah oui mince je ne parle pas anglais non plus. Nous nous contenterons du français et tant pis s’ils ne comprennent pas, et du langage des signes. Allez, maintenant un logement… Loyer + 2 mois de caution ou loyer + garantie ou Loyer + garantie + facture... Bon, disons que pour ce soir on dormira à l’hôtel : « Bonsoir, la nuit en chambre double vaut 6$ », 6 dollars !!! pour deux ? 3$ chacune jour, donc 90$ le mois, c’est donc à l’hôtel que nous avons résidé tout notre séjour. Paysage grandiose, vie dynamique, des gens chaleureux, les mutilés de guerre étaient très nombreux et la pauvreté horriblement présente (mon dieu je suis française et je me plaignais de ne pas avoir les dernières Adidas), oui, on se dit qu'on a de la chance, qu'on devrait se contenter de ce que l’on a, le monde est ainsi fait, celui où on a grandi aussi.

Il est vrai qu’au bout de 3 mois, le dépaysement se fait sentir, et nous avions toutes les deux envie de rentrer, mais quelle aventure ! Vivre un peu à la sauvage, pas d’eau chaude, se faire un road trip, aller à la montage, voir des bestioles bizarres mais surtout, les rencontres… Parce que ceci est un article et que je ne peux pas vous raconter toute ma vie, il faut savoir que je suis une réelle madame poisse, les trucs improbables n’arrivent qu’à moi.

 

"Retour, des souvenirs plein la tête, une expérience extraordinaire, et loin de moi l’envie de m’arrêter là. Ça tombe bien, la deuxième année est également programmée pour me refaire partir ! Où, quand et pourquoi ?

2ème année - Stage Découverte Métier - 6 mois"

 

L’école était très stricte sur le “Stage à l’International”, nous ne pouvions rester en France, sauf contre-indications. Chacun avait sa manière de chercher, selon les opportunités, selon le salaire, ne pas être trop loin de la famille… Pour ma part, le but était unique : Je voulais aller à New-York.

 

Je m’y suis prise assez tôt car je me doutais que ce ne serait pas chose facile, et pourtant… Base de données de l’école, nous avions quelques offres à de par le monde, à travers le réseau des anciens élèves et aussi ce que l’école trouvait. Mon filtre était basique : New York et basta, sauf qu’au lieu de commencer par les offres du début j’ai démarré à la toute fin pour avoir plus de chances contre mes camarades; bingo : Stage Gérante de Galerie d’Art Manhattan, Soho, candidature, un entretien et me voilà décrochant le stage de mes rêves : je suis acceptée. Les difficultés arrivent : le visa, 1400 euros, le billet d’avion 800 euros, et le logement sur place… Quelle affaire, il faut taper dans le prêt… Pas le choix, une bourse m’est attribuée, qui couvre le visa. Le logement est trouvé une semaine avant le départ, et dans une panique totale, où je ne sais rien d’où je vais, avec qui et mon dieu, en anglais, que je ne parle toujours pas malgré des cours à l’école.

 

Me voilà dans l’avion, arrivée à l’aéroport JFK, Oh my god ! Je suis à New-York, j’arrive à peine que je me fais déjà arnaquer le taxi, mais bref, il se trouve que ce logement est celui où j’ai rencontré une amie en or, un stage magique, en 1 mois je savais parler anglais, en 6 mois bilingue. Je n’oublierai jamais mon expérience là-bas ; Times square, les sorties, la vie est folle, les gens sont géniaux… Je m’extasiais juste à l’idée de marcher, de regarder, comme tout est démesuré, tout est pensé, j’adorais prendre le métro où il s’y passait tout le temps quelque chose, rencontrer des gens dans la rue, les vernissages à la galerie d’art avec des artistes du monde entier… New York.

 

À mon retour, je n’ai jamais pleuré autant de ma vie, eu le cœur autant déchiré, contrairement au Cambodge, je ne voulais pas rentrer, bien sûr je voulais revoir ma famille, mais pour revenir ensuite, or là, je disais au revoir à cette vie, à ce stage, à mes amis. Le TOEFL m’attendait, un examen qui me permettait de partir dans une école (ERASMUS) à l’étranger, en anglais… et bien, je l’ai raté. Il ne s’agissait pas de parler anglais, mais de connaître la méthodologie, ou bien sûr je me suis dit : “nannn, pas besoin”, bah tiens, j’ai gagné le droit de subir une année sabbatique le temps de l’avoir… Une rencontre à New-York, je n’en dirai point plus, m’a poussée pendant cette année à repartir (après quelques mois de travail en restauration), et j’ai décollé pour la République Dominicaine où les allers-retours ont été nombreux pendant 2 ans et où ma vie là-bas, était également magique. République Dominicaine, Punta Cana vous voyez de quoi je parle haha.

 

Vivre avec les locaux, manger local, plage à longueur de temps dans une eau turquoise, quoi que je déconseille celles de Saint Domingue… La capitale, c’était une vraie aventure. J’ai failli me noyer, et me faire tuer, pays également très pauvre mais beaucoup plus agressif que le Cambodge, vol de voiture à main armée, oui je l’ai vécu et cela s’est bien terminé, étant donné que je tapote sur mon clavier ! L’année terminée et beaucoup de travail, je repasse cet examen du TOEFL… et bingo ! Enfin, il est à moi, je peux donc choisir où partir pour ma troisième année ! Alors, quels étaient mes choix… Angleterre, mouais, États-Unis, zut, trop nombreux à le demander, Mexique, méfiance, Russie… Russie !!

 

3ème année - Erasmus Moscou - 1 an

 

Добрый день! Oui, Bonjour en Russe, premier mot appris sur place. Il faisait encore beau, 23 degrés en mi-septembre, mais comme vous pouvez l’imaginer ça a vite dégénéré. Même bazar que pour les États-Unis, un visa, très looong dans le processus mais beaucoup moins cher, une bourse également m’était attribuée, mais je n’avais pas grand chose pour vivre, par contre, je logeais dans un des anciens bâtiments soviétiques, étant devenu totalement universitaire, et à mon étage… que des français ! Où j’ai rencontré mon meilleur ami actuel, au sein d’une bande de 10 personnes, on était mélangés, anglais, italiens, russes bien sûr et on vivait tous un rythme d’enfer (sauf pour une période de 4-5mois ou les -20 /-30 nous freinaient un peu). Très peu de cours, et en plus le droit de louper 50%... bien sûr on évitait… Haha ! J’ai appris le russe, un peu, mais il est vrai avec beaucoup de difficultés, aujourd’hui j’ai presque tout oublié. Moscou est une très belle ville, mais immense, tout était loin ! Bref, heureusement que on a fait plein de choses avec les copains, il aurait fallu que vous voyiez ça ! J’ai été heureuse de vivre cette expérience, mais pour mon futur, clairement, la Russie n’est pas pour moi. Les derniers moments sous le soleil, et 35 degrés ont été géniaux, la Place Rouge et ses merveilles, des endroits insolites que je n’aurais jamais cru voir de ma vie. Le retour s’est fait tristement, mais quand même avec une envie de retrouver mon chez moi.

 

4ème année - Et Hop, en cours !

 

Ayant fait une année sabbatique, j’avais perdu toute ma promo, tous ceux que je connaissais, sauf… mes 4 meilleures copines qui avaient fait comme moi. Nous nous sommes retrouvées à la Rochelle, colocation ensemble, riches de nos expériences, à tout nous raconter, et le plus dur à affronter… “ Cette année est la conclusion de ce que vous aviez entrepris, l’arrivée donc du dernier stage de 6 mois, Stage Professionnel, le mémoire (rien que de l’écrire j’en suis malade), et le grand oral devant un jury”. On voit le bout, on y est presque, ce n’est vraiment pas le moment de lâcher, le diplôme est là, dans 1 an, pour moi, pour ma reconnaissance, pour montrer à mes parents que non, je ne me suis pas trompée, que je sortirais de là avec tellement de choses en poche, en tête, que de toute manière je le voyais plus comme la fin d’une aventure, la fin de la vie étudiante et, pour la suite, la recherche d’un travail… Bref ! Pour cette dernière année, ce sont 4 mois de cours, intenses, je n’ai jamais autant travaillé de ma vie, des exposés toutes les semaines, des travaux à rendre, une intensité de travail pour les partiels, mais tout cela mené avec bravoure, tout réussi, jusqu’au grand oral.

 

Cela consiste à parler pendant 45 minutes de notre parcours et du pourquoi tout ceci à été fait et dans quel but, et l’accomplissement de tout cela. Je me suis tellement bien préparée, que je n’ai même pas stressé, et mieux, je suis sortie avec la meilleure note de la promo, 19,5 !

 

Entre temps, il fallait chercher notre stage, et cette fois je voulais voir un peu l’Europe, car c’est bien beau d’aller loin, mais ça coûte cher ! Je vise l’Espagne, et mes recherches me mènent sur Barcelone. J’envoie plein de candidatures, et je suis retenue pour travailler pour une entreprise qui propose de la location de bateaux, en tant que commerciale stagiaire, j’accepte et me voilà repartie !

 

Barcelone - Stage 6 mois et 2 mois

 

Ahhh, ça fait plaisir de changer et de ne pas prendre l’avion ! Pour cette fois, ma sœur m’amènera avec toutes mes affaires, et restera avec moi 5 jours ! J’avais trouvé au préalable une chambre chez l’habitant, chère, trop chère pour la vie avec cette femme mais pour commencer c’était très bien, même si j’ai changé après un mois.Cette entreprise, ces bureaux et cette vie étaient je pense ce que n’importe qui aurait souhaité. Le travail en lui-même était intéressant, bien sûr, il faut une fibre commerciale et aimer cela, mais une fois ma formation concernant les bateaux accomplie, il était temps de faire du chiffre. Quelques difficultés rencontrées au démarrage, mais une équipe en or, une ambiance de folie et une cohésion à toute épreuve. Je n’allais pas travailler à reculons, ce qui est ma hantise… Nous avons formé un groupe d’amis extraordinaires, avec lequel nous faisions toujours énormément de choses.

 

Barcelone n’étant pas loin de notre bonne vieille France, on croise pas mal de gens qui passent dans le coin mais là, en l’occurrence, Chloé Chouraqui (vous savez, mon amie du lycée, celle qui m’a annoncé que j’avais été accepté chez Sup de Co) était elle aussi sur Barcelone en Erasmus ! Nous nous sommes retrouvées, tellement heureuses, nous sommes sorties, dans les clubs, au restaurant, à manger des tapas. Cela faisait un mois que nous étions arrivées, et c’est cette année-là, que le pire m’est arrivé, du moins… Si je peux le dire ainsi. Lors d’un voyage organisé avec son école, Chloé souhaitait que l’on parte avec ses amies à elle, aux fêtes de Valence, en mars. Je n’ai pu m’y joindre et ai dû décliner, en me rattrapant sur le fait qu’on se ferait une super sortie le week-end d’après. J’ai perdu cette année-là, une très grand amie, que je venais de retrouver, à son retour de ce week-end, à bord d’un bus où le chauffeur s’est endormi. A partir de ce moment-là, et encore aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser que la vie doit se vivre au jour le jour et de ne jamais remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même. Des moments ont été très durs, et le sont encore aujourd’hui, mais cela ne doit pas nous empêcher de continuer notre route, je pense juste à elle, à chaque instant et à sa maman.

 

J’ai vécu un Barcelone riche en émotions, en aventure, et j’ai été prolongée à la suite de mon stage en CDD. Pendant ces 8 mois, j’ai mené à bien la rédaction de mon mémoire, que j’ai rendu et qui à été validé. Mon année l’était donc. Barcelona serait donc gravé dans mon cœur, une ville où j’ai pu retrouver des amis, former des amitiés exceptionnelles, vivre des aventures incroyables, au sein d’un cadre haut en couleur, où il fait bon vivre et où j’ai pu vivre dans une culture différente tout en étant proche de chez nous.

 

La Remise de Diplôme

 

Nous y revoilà, pour la dernière fois, à la Rochelle, habillée d’une robe et d’un chapeau comme dans les films. Mon nom est appelé, je me dirige sur l’estrade, au milieu d’une salle remplie de monde, accompagnée de ma sœur, toute intimidée mais heureuse d’être là. On me tend mon diplôme, je l’agrippe et on m’adresse mes félicitations. Le voilà ton master, ce n’est pas qu’un simple papier, c’est une histoire, une aventure, qui à chaque fois que je l’ouvrirai, me rappellera les folles années que j’ai pu vivre, les cultures rencontrées et surtout les rencontres. Je ne referai jamais différemment, je ne changerai rien, pas pour le moins du monde. Je pense que ce sont ces années-là, qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire et qui me manquent déjà. Maintenant, il faut rentrer dans le monde des adultes, celui du travail, à 24 ans me voilà en recherche de mon tout premier CDI.

 

Et voici la vie

 

Je ne pouvais pas perdre de temps, il me fallait vite un travail car mon remboursement était lancé, j’ai donc posté ma candidature un peu partout et ai été contacté par 10 entreprises. J’ai fait le tri et ai retenu 5 entretiens, 4 sur Paris, et 1 à Lyon. La rapidité de la chose m’a amenée à accepter dès le premier entretien, un CDI sur Paris, dans le domaine du recrutement informatique avec de belles promesses, mais malheureusement des déceptions à la hauteur des promesses tant sur le point de vue professionnel qu’humain. Après 9 mois, je me relance à la recherche d’un travail, et l’international ne me quittait pas, cela me manquait, je ne pouvais pas rester là… Beaucoup de choses dans la balance, la famille, les amis, une relation… mais cette phrase constante : Vivre au jour le jour, pour moi, pour mes envies et ma motivation. Je n’ai pas réfléchi longtemps, mon CV était déjà sur les réseaux de Barcelone et un entretien programmé en tant que Responsable Commerciale Junior pour une marque australienne. Un travail idéal, où tout est à faire et où je pourrais tout revoir de la base. Cela n’a pas mis longtemps, 1 semaine après j’ai été sélectionnée et choisie pour ce poste. Mon destin rebasculait, et j’étais tout excitée.

 

Aujourd’hui

 

Cela fait 3 mois que j’ai intégré mon entreprise, j’ai trouvé un endroit où vivre en colocation avec une hongroise avec qui je m’entends à merveille. Les questions ne cessent de persister sur “Est-ce que je fais bien d’être là”? , “Ai-je un avenir ici”? , “Vais-je m’en sortir avec ce prêt”? Et j’arrive à répondre “Oui” à toutes celles-ci à chaque fois, et pourtant elles reviennent sans arrêt.

 

L’avenir me le dira, mais je suis et resterai une éternelle aventureuse.

À ma famille, et à mon école qui m’a tout apporté.

Énormes pensées et baisers à ma Chlo et à sa maman.

 

De mon histoire, Valentine Damame.