N°1 Sophie Fougère

« Dans la peau de Mathis »

 

« To dys or not to dys » est le journal imaginé d’un adolescent dyslexique-dysorthographique : son rapport avec les mots et les sons qui ne voulaient pas de lui, avec l’école, pas toujours très tendre et avec sa mère prête à tout pour comprendre et en faire un enfant heureux.

Parce qu’elle voulait pallier un vide dans la littérature sur le sujet, Sophie Fougère a décidé de faire parler son jeune garçon et d’y raconter sur 10 ans le trouble et ses répercussions.

 

Pourquoi avoir choisi de faire parler votre fils ?

 

Parce que, de principe, un adolescent dyslexique et dysorthographique n’a pas forcément envie d’écrire. Il se rappelle lorsqu’il devait rédiger, pour faire plaisir, des cartes postales à ses grands-parents et qu’il fallait lui épeler tous les mots ! Difficile de ne pas perdre la face ! Me glisser dans sa peau est devenue une évidence. Je voulais me souvenir de tous les petits signes de souffrances que Mathis m’avait envoyés et essayer de les vivre de l’intérieur. C’est ce qu’il manquait dans tous les livres que j’avais lus sur le sujet. Aussi parce qu’il fallait que je parle de cette force incroyable que ces enfants acquièrent lorsqu’ils sont entourés de bienveillance. J’assume totalement ce parti pris littéraire. Je trouvais ça d’autant plus intéressant que je n’avais pas l’intention de me ménager en tant que maman ! On s’en veut toujours d’avoir douté des capacités de son enfant et d’avoir passé des heures à s’énerver sur des devoirs ! Il y a votre propre aveu de faiblesse et il y a le cœur vrillé de votre enfant.

 

À qui s’adresse votre ouvrage ?

 

Tout d’abord aux parents d’enfants dys : pour déculpabiliser – nous passons tous par de grandes phases de découragement - pour comprendre qu’ils sont loin d’être seuls, que le nombre de personnes touchées est énorme.

Dans la même logique, aux adolescents dys qui se reconnaîtront et qui auront l’impression que ce sont eux qui parlent. Encore une fois, ils ne sont pas seuls !

Aux personnels de santé : Les bilans sont vrais et bruts voir brutaux ! Pourquoi pas une approche un peu plus douce et des explications aux pauvres parents néophytes et perdus.

A l’éducation nationale : Le parcours de Mathis a été jalonné de très belles rencontres, notamment la directrice de sa deuxième école primaire qui nous a pris par la main pour faire reconnaître son handicap. Mais nous avons eu parfois des professeurs totalement hermétiques et incapables de souplesse et d’empathie.

Enfin c’est un parcours de vie qui peut intéresser les copains adolescents des enfants dys – pour comprendre les différences - et toutes les personnes un peu curieuses de témoignages de la vraie vie !

 

« To dys or not to dys » de Sophie Fougère aux Editions Tom Pousse.